Bilan de la politique cyclable à Angoulême 2014-2020

Le 4 mars sur France 3, le maire d’Angoulême Xavier Bonnefont, disait :

« Il y avait très peu de pistes cyclables quand je suis arrivé aux affaires ici à Angoulême. […] Six ans après il y en a près de 4 kilomètres, sans compter celles qui ont été faites dans le cadre du réseau BHNS et du transport public. »

Nous nous proposons de profiter des élections municipales et de la publication du Baromètre des villes cyclables pour aller plus loin et faire un petit bilan de ce qui a été fait lors de ce mandat, de le confronter au ressenti des usagers du vélo à Angoulême et d’analyser le programme des différentes listes.

Aménagements

Bandes et pistes cyclables

Depuis 1996, la Loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie (LAURE) stipule que :

À l’occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines, à l’exception des autoroutes et voies rapides, doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants, en fonction des besoins et contraintes de la circulation. L’aménagement de ces itinéraires cyclables doit tenir compte des orientations du plan de déplacements urbains, lorsqu’il existe.

Dans la réalité, cette loi est rarement appliquée, ce qui explique le faible nombre d’itinéraires cyclables présents sur des voiries qui ont été refaites depuis 1996.

À Angoulême avant 2014, il existait 8 km de pistes et bandes cyclables, et 1,5 km de voie verte. Entre 2014 et 2020, 8 km supplémentaires de pistes et bandes cyclables ont été réalisés, dont 5,1 km par GrandAngoulême dans le cadre des travaux du BHNS et du Pôle Multimodale de la gare. Donc seulement 2,9 km par la ville d’Angoulême.

NB : Certaines rues n’ont été aménagées que d’un côté (bande cyclable montante). Nous les avons donc comptées comme des rues 1/2 aménagées, donc divisé par 2 la longueur réalisée. Il s’agit de portions de la rue de Bordeaux et de la rue de Saint Roch à Lunesse.

NB2 : une bande cyclable a été supprimée rue de Périgueux. Nous l’avons comptée en négatif.

Doubles-sens cyclables

Les double-sens cyclables autorisent les cyclistes à emprunter les voies à sens unique dans le sens inverse de la circulation. Depuis 2008 (complété en 2016), ils sont obligatoires dans toutes les zone de rencontres et zone 30. Le projet de loi d’orientation des mobilités prévoit qu’ils soient également obligatoires dans toutes les rues limitées à 50 km/h. Très peu coûteux, ils ne nécessitent que quelques panneaux de signalisation, et parfois de créer des zones de refuge en supprimant une place de stationnement de temps en temps.

À Angoulême, les double-sens cyclables sont encore anecdotiques : 2 rues en 2014, 6 en 2019. Aujourd’hui moins de 5% des voies à sens unique sont équipées d’un double-sens cyclables. Le passage en double-sens cyclable de toutes les rues à sens unique d’Angoulême représenterait 47 kilomètres de voirie aménagée pour les cyclistes.

Stationnements

De nombreux arceaux ont été installés ces dernières années, au fil des demandes des riverains ou des associations de défense des cyclistes. Mais un certains nombre ne sont pas indiqués comme tels (seulement 10 panneaux sur 66 parkings début 2019), et aucune carte de la Ville ne les référence (on trouve une liste de 14 parkings vélo sur le site de la mairie). Il est donc difficile de les localiser, d’autant qu’ils sont souvent cachés par des voitures en stationnements, ou utilisés par les 2 roues motorisés.

Malgré les efforts des services de la ville, la demande en stationnement reste grande, et les demandes sont nombreuses aux abords des écoles et des lieux publics.

Cédez-le-passage cycliste

Le cédez-le-passage cycliste donne la possibilité aux cyclistes, à un feu de circulation, de continuer leur route alors même que le feu est rouge, après avoir cédé le passage à tous les autres usagers. Présent dans le code de la route depuis 2012, il est arrivé à Angoulême en 2016. 17 carrefours ont été équipés, avec une bonne communication par la Ville (presse, site internet de la mairie).

Angoulême: les cyclistes peuvent passer au rouge

Sas vélo

Bien qu’ils existent dans le code de la route depuis 2001, les premiers ne sont apparus à Angoulême qu’en 2019 au carrefour Barrouilhet. Ils sont maintenant obligatoires sur tous les nouveaux carrefours à feu, mais les travaux du BHNS ne l’ont pas encore intégré. Aucune communication en direction des automobilistes (ni des cyclistes) n’a été effectuée, et ils ne sont pas toujours respectés.

Schéma des itinéraires

Sur la ville d’Angoulême, certaines voies ont été désignées pour être aménagées en priorité afin de relier facilement toute la ville et les communes voisines. Elles sont référencées dans un Schéma Cyclable d’Agglomération qui a été voté par GrandAngoulême et Angoulême en 2016.

Sa réalisation est passée de 26% à 55% entre 2014 et 2020 (aujourd’hui 13,8 km sont aménagés sur les 25,4 km prévus). Sur cette période, GrandAngoulême en a réalisé deux fois plus qu’Angoulême, via l’aménagement du parvis de la gare ou les travaux du BHNS.

Il n’existe pas aujourd’hui de plan vélo pour la ville d’Angoulême.

Services

La Ville d’Angoulême ne propose pas de services aux cyclistes, que ce soit pour la réparation de vélos, l’apprentissage du vélo ou la location (le service de location longue durée Mobilicycle est géré par GrandAngoulême). Néanmoins elle soutient financièrement la Cyclofficine pour ses actions dans la ville.

Il faut également signaler le service d’Allô Mairie qui se révèle bien pratique pour signaler nids de poule, carrefours dangereux ou manque d’aménagements!

Le ressenti des cyclistes

Angoulême gagnée par la grande vague du vélo urbain, titrait la Charente Libre en septembre 2019. Plus de cyclistes, oui sûrement, mais dans quelles conditions roulent-ielles?

L’exemple de la rue de Bordeaux au carrefour Barrouilhet

Lors de la première édition du baromètre des villes cyclables, en 2017, l’endroit le plus problématique pour les cyclistes (question ouverte) était la rue de Bordeaux, loin devant le centre-ville et le rond-point de Girac. En effet cette axe très passant d’Angoulême, en plus d’être fréquemment emprunté par les cyclistes pour se rendre à la gare, dans les différentes écoles de l’image ou au centre-ville, était en mauvais état et sans aucun aménagement cyclable ni dispositif pour ralentir la vitesse des véhicules.

La partie sud de la rue de Bordeaux, entre le séminaire et Girac, a été aménagée grâce aux travaux du BHNS, mais est globalement critiquée par les cyclistes qui lui reprochent d’alterner les pistes (sur trottoir) et bandes (sur route) et d’avoir un revêtement désagréable.

La partie nord, en particulier au niveau du CIBDI, était très dégradée, avec des nids de poule qui obligeaient à rouler au milieu de la chaussée. La Ville a donc refait la chaussée en août 2018 – non pour la sécurité des cyclistes, mais pour le confort des bus et des automobilistes – mais sans y inclure d’aménagements cyclables. Ce sont les cyclistes qui ont dû insister lourdement pour que leur demande soit entendue et qu’y soit réalisée une bande cyclable. Ils n’ont qu’à moitié été entendus : il n’y a qu’une bande dans le sens montant et la vitesse n’a pas été abaissée là où elle est absente.

La circulation et le stationnement automobiles sont prioritaires dans la tête des élu·es, et les travaux se font donc dans cet esprit, au détriment des modes de transports actifs.

Sud Ouest, juillet 2014 : « Nous sommes dans le flou », confirme Véronique de Maillard, adjointe à la vie quotidienne et aux travaux. « Une fois Mobilix revu, on fera des choix entre le stationnement des voitures et le vélo. Des pistes ou bandes cyclables seront installées dès que ce sera possible »

Le baromètre des villes cyclables 2019

En 2019, 141 cyclistes ont répondu à l’enquête de la Fédération des Usagers de la Bicyclette à propos de leur ressenti à Angoulême.

Resume

Quelques explications.

Points forts :

  • les conflits cyclistes/piétons sont rares : normal, il existe peu de pistes cyclables sur lesquelles les piétons pourraient s’égarer. On tempérera cependant avec le cas de la rue Hergé, rue piétonne qui autorise le vélo à l’allure du piéton, très utilisée par les cyclistes à une vitesse parfois excessive aux yeux des piétons.
  • les magasins de réparation vélo sont présents : le seul magasin de vélo qui puisse réparer un vélo de ville sur Angoulême à fermé en 2020. Pour réparer son vélo, il faut donc en réalité sortir d’Angoulême, mais alors les offres sont assez nombreuses. La présence de la Cyclofficine est également à prendre en compte dans ce ressenti.
  • la location de vélos est facile : c’est le cas pour la location de longue durée, grâce à Mobilicycle. Il n’existe cependant sur Angoulême aucun service, public ou privé, de location de courte durée.
  • les vols de vélos sont rares : logique, moins la pratique du vélo est développée, moins il est tentant de les voler! Profitons-en!

Points faibles :

  • le stationnement vélo en gare et arrêts de transports en commun : entre 2017 et 2019, le parking vélo sécurisé mis en place à la gare a été enlevé le temps des travaux de la passerelle. Seuls quelques arceaux ont été ajoutés tardivement pour compenser ce service.
  • l’entretien des itinéraires cyclables : les quelques pistes en services vieillissent et sont en mauvaise état, les arbres qui les bordent ne sont pas taillés (boulevard de Bigorre, boulevard Jean Monnet).
  • le stationnement des véhicules sur les itinéraires cyclables : les nouvelles pistes et bandes nécessitent un temps d’adaptation des riverain·es, qui ne comprennent pas immédiatement qu’illes ne peuvent plus stationner devant leur maison. La situation devrait s’améliorer avec l’habitude.
  • les double-sens cyclables généralisés : c’est un gros point faible de la ville, qui possède de nombreuses rues en sens uniques qui n’ont pas été aménagées
  • la ville est à l’écoute des cyclistes : …

Les commentaires libres donnent aussi quelques indications sur le ressenti et les attentes des cyclistes.

Commençons par les points négatifs :

  • un manque de services vélo (23 commentaires) : peu d’arceaux et parkings sécurisés accessibles facilement, pas de service de location de courte durée, peu d’infrastructures cyclables, pas de liens avec les communes limitrophes, un temps d’attente pour la location trop long
  • des infrastructures mal conçues (23 commentaires) : un manque de signalisation et de concertation avec les usagers, un revêtement pas confortable, des insertions dangereuses, des pistes courtes avec trop de retours sur la route, des pistes mal conçues, mal sécurisées et pas éclairées
  • des incivilités de la part des autres usagers (10 commentaires) : une vitesse élevée, des véhicules très peu tolérants voire méprisants, des insultes fréquentes, du stationnement sur les pistes, sur les trottoirs et un non-respect du stationnement alterné
  • une ville compliquée pour le vélo (22 commentaires) : des ronds-points accidentogènes, des rues étroites, des nids de poule, un relief important, un ressenti de danger et de stress
  • un manque de volonté politique de développer le vélo (25 commentaires) : une priorité donnée à la voiture et au stationnement, peu d’évolution, un PDU non appliqué, pas de continuité des itinéraires, des pistes pas entretenues, un investissement de la ville presque inexistant, pas de vision à moyen terme, un manque de connaissances vélo des élus et techniciens, des changements peu cohérents

Les ressentis positifs sont tout de même présents (17 commentaires) : un tête arrive le développement du VAE, qui permet de vaincre le relief et les distance, et le développement de l’usage du vélo, puis viennent des rues piétonnes sures, de nouveaux itinéraires et un aménagement en progression, un effort fait par les collectivités, un vrai potentiel avec des zones remarquables, certains collaborateurs du maire plus sensibilisés.

Une note d’espoir tout de même : timidement, la municipalité commence à remettre en question le tout voiture, comme le note sur son blog Olivier Razemon, journaliste du Monde, en avril 2019 :

À Angoulême, une municipalité qui s’est distinguée par une politique très favorable à la voiture à son arrivée en 2014, « on commence à voir des commerçants qui nous demandent de piétoniser certains quartiers », témoigne Véronique de Maillard, adjointe aux travaux et à la vie quotidienne. Cette évolution fait suite à la piétonisation du centre-ville lors du festival de bande dessinée, afin d’intégrer le risque d’attentat à la voiture bélier. « Ils se sont rendus compte que ce n’était pas la voiture qui apportait le plus de clients », précise l’élue.

Une position reprise en mai 2019 dans la Charente Libre :

La Ville veut expérimenter une journée sans voiture sur le Plateau. « La piétonnisation de la Ville est une demande croissante des Angoumoisins et de certains commerçants, atteste Véronique de Maillard, adjointe en charge de la vie quotidienne. On partirait sur un samedi “test”. Mais cela demande encore une concertation, notamment avec la Société de transport du GrandAngoulême (STGA). »

Perspectives

L’association Vélocité de l’Angoumois a sollicité les différent·es candidat·es d’Angoulême sur le thème du déplacement à vélo.

Nous nous sommes mobilisés pour rencontrer les candidats aux élections municipales. À partir d’un document support construit en interne, nous avons abordé les thématiques du cadre de vie, écologie, mobilité. Les résultats sont présentés de façon très synthétique avec une évaluation globale développement durable-mobilité.

Voici leur analyse :

Xavier Bonnefont (Peu d’espoir pour le vélo)

Cadre de vie : Accompagnements financiers des nouveaux commerçants, réhabilitation de certains quartiers prioritaires et travail sur la mixité sociale. Priorité sur la culture et le sport.
Écologie énergie : Renforcement de l’isolation des bâtiments scolaires, panneaux photovoltaïques sur les bâtiments, passage à de l’éclairage LED pour 7 M€. Passage au chauffage à bois de certains bâtiments.
Mobilité : Doublement du budget voirie mais pas d’objectif de voie piétonne et cyclable. Pas de réponse à la réduction de la place de la voiture en ville. Construction de plusieurs centaines de places de parkings voitures. Renforcement du transport public.

Françoise Coutant (Beaucoup d’espoir pour le vélo)

Méthodologie de l’expérimentation qui permet de mieux faire accepter les changements et de mieux les adapter.
Cadre de vie : Apaiser la ville en généralisant les zones de rencontres et les zones 30. Décourager les flux traversiers de circulation. Suppression de plusieurs parkings de surface. Réduire les accès voitures en particulier près des écoles. Mise en place de comités citoyens.
Écologie énergie : Objectif de réduire de 20% les émissions de CO² sur 6 ans, en particulier via l’isolation des bâtiments publics et le transport.
Mobilité : Signalétique généralisée des temps de déplacement piétons et vélo pour guider le public. Implantation d’un funiculaire pour faciliter l’accès au plateau à partir de parkings externes.

Martine Pinville (De l’espoir pour le vélo)

Cadre de vie : Revitaliser les quartiers, réhabiliter les friches, arrêter l’extension des nouvelles zones commerciales, organiser de multiples événements annuels. Éveil à la culture dans les écoles, tiers lieux d’exposition et de rencontre, création de maisons de services. Renforcer la propreté de la ville.
Écologie énergie : Rien de porté à notre connaissance.
Mobilité : Redonner l’accès aux piétons et aux cyclistes.

COVID19 : atelier fermé

Face à l’épidémie de COVID19 et aux mesures de contention mises en place, la Cyclofficine a le regret de vous informer que ses locaux seront fermés au moins jusqu’au 15 avril.

N’oubliez pas que la consigne générale est de rester chez soi. N’utilisez votre vélo que pour les trajets nécessaires comme aller travailler ou acheter de la nourriture.

Nous restons joignables par téléphone au 07 67 55 68 40 et par email. Si vous avez un peu de matériel chez vous, voici quelques sites internet qui peuvent vous aider dans vos réparations :

No photo description available.

Bourse aux vélos le dimanche 5 avril

La bourse sera ouverte dans la cour de la Cyclofficine, 11 rue de St-Jean d’Angély (limite Angoulême et St-Yrieix, en face du cimetière des Bardines) le dimanche 5 avril de 14h à 17h. Entrée libre.

Attention les paiements ne peuvent être effectués qu’en espèces ou par chèque, nous n’avons pas de terminal carte bancaire !

Enfin, pensez à venir à pied ou en vélo 🙂 Si vous venez en voiture merci de vous garer rue de Saintes ou rue de Royan, il n’y a pas de stationnement devant l’atelier!

Dépôt des vélos

Si vous voulez vendre votre vélo, les dépôts se feront le vendredi 3 avril de 14h à 17h ou le dimanche 5 avril de 11h à 13h, à l’atelier (11 rue de St-Jean d’Angély).

Le dépôt est gratuit. L’association prendra une commission de 10% en cas de vente (aucun frais si pas de vente). L’argent de la vente (ou le vélo, si non-vendu) sera à récupérer le jour-même, de 17h à 18h.

Merci d’apporter une pièce d’identité pour le dépôt (carte d’identité ou passeport).

  • Nous n’acceptons que les vélos en état de rouler (pas d’épaves, pas de cadre cassé), mais ils peuvent avoir quelques défauts (vitesses qui passent mal, freins mal réglés, roue voilée, etc.).
  • Nous n’acceptons que certaines pièces détachées (par exemple remorques, sacoches, etc.), nous contacter auparavant.
  • Nous vous fournirons une estimation du prix lors du dépôt si vous ne savez pas à quel prix placer votre vélo 🙂

Vente des vélos

Les vélos sont en vente le dimanche 5 avril de 14h à 17h, au prix fixé par le/la vendeur·euse.

La Cyclofficine aura également des vélos à vendre, issus de dons ou de collectes en déchèterie, et réparés par ses bénévoles. Un vélo adulte est vendu en moyenne 60 €.

Journée internationale des droits des femmes : vélorution féministe et autres joyeusetés le 7 mars à Angoulême

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, la Cyclofficine souhaite rappeler que se déplacer à vélo quand on est une femme est un droit qui n’est pas encore acquis.

Le vélo a été un vecteur d’émancipation pour les femmes depuis son origine: elles lui doivent le droit de porter un pantalon, et aussi celui de sortir seules, plus loin, associé à un sentiment de liberté incomparable.

En 1896, la militante des droits des femmes américaine Susan B. Anthony eut ce mot:

«La bicyclette a fait plus pour l’émancipation des femmes que n’importe quelle chose au monde. Je persiste et je me réjouis chaque fois que je vois une femme à vélo.»

Aussi surprenante que peut être cette affirmation en 2015, dans les années 1890, le vélocipède –c’est ainsi qu’on l’appelle alors– vit son âge d’or. Tout le monde s’intéresse à «ce merveilleux véhicule qui donne à l’homme la vitesse du cheval», comme on peut le lire dans cette revue de 1894. Et ce sont surtout les femmes qui vont ouvrir leur horizon grâce à lui.

http://www.slate.fr/story/104509/velo-outil-emancipation-femmes

Mais le combat n’est pas fini : être femme et cycliste est encore vécu comme une double peine.

« Une fois, à un feu rouge, un mec a essayé de me cracher dessus. » Laurence, 35 ans, se déplace à vélo depuis de nombreuses années. Elle a roulé à Metz (Moselle) avant de s’installer à Luxembourg. Les conflits entre cyclistes et automobilistes, elle connaît. « Le fait d’être une femme cycliste, c’est la double peine, dit-elle. Les mecs se défoulent. Surtout quand on est à l’arrêt. Ils baissent la vitre et m’insultent ou me font des remarques sur mon physique. Mes seins en particulier.»

« J’ai l’impression que les gens se permettent plus facilement des trucs parce que je suis une femme cycliste, avance aussi Marie, 26 ans, qui roule à Toulouse (Haute-Garonne). Et d’énumérer les klaxons des automobilistes, les chauffeurs de bus qui doublent dangereusement, etc. « Être cycliste c’est dangereux, mais être une femme à vélo, c’est pire. Les gens s’imposent parce qu’ils n’ont pas peur de toi. »

https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/63798/reader/reader.html#!preferred/1/package/63798/pub/91106/page/5

Le 7 mars, venez faire un tour à vélo et sans hommes cisgenre pour montrer que les femmes aussi ont leur place dans les rues et l’espace public!

Rendez-vous place Saint Martial à Angoulême à 18h, avec votre plus beau vélo, vos habits voyants, des sonnettes en tout genre, des slogans et des pancartes.

On pourra continuer la soirée avec le « collectif 8 mars » et le concert d’Améli·e, chanteuse et accordéoniste cycloféministe, à 19h à la Maison Isabelle, 37 rue Hergé. Plus d’info sur Facebook et la belle affiche ci-dessous!

Vous n’avez pas de pancartes ?
Venez en fabriquer vendredi 6 mars à 18h, à l’atelier de la Cyclofficine (la Grande Pompe, 11 rue de Saint-Jean d’Angély).

La Petite Pompe, c’est fini…

On s’en rappellera, de ce local, le premier, celui qui nous a permis de nous poser et de prendre des forces… il était petit, pas chauffé, mal éclairé et pas très visible, mais on en gardera de bons souvenirs!

– les grandes heures de la Petite Pompe –

Car oui, on l’a officiellement fermé en ce mois de février 2020. Cela faisait un an qu’on n’y faisait plus d’atelier, et la MJC Louis Aragon, qui nous l’avait très chaleureusement prêté, avait besoin d’en récupérer l’usage. Fini les ateliers qui attiraient les enfants du quartier et parfois, en insistant, quelques parents. Pourtant, il y a de quoi faire dans à Ma Campagne, avec un bon potentiel de développement de l’usage du vélo avec peu de dénivelé et la présence de nombreux établissements scolaires, d’un centre commercial, d’un centre social et de plusieurs associations de quartiers.

– vous avez dit petit? –

On aurait préféré qu’il continue à vivre, cet atelier de réparation. Mais peut-être n’est-ce qu’une pause avant une nouvelle équipe de bricolos motivé·es qui vont le réinvestir et lui redonner vie! Et puis, il y a le Bricolab à côté et ses Repair Café mensuels, auxquels on continue à participer tant bien que mal.

En attendant, on a récupéré toutes les pièces et tous les outils qui y étaient encore, pour les mettre à la Grande Pompe maintenant bien encombrée : il y a encore du boulot pour tout trier et ranger!

Vous voulez nous y aider? Retrouvez-nous le mardi entre 14h et 17h à la Grande Pompe pour les ateliers des bénévoles. Merci merci!

Changement d’horaires

L’atelier de la Grande Pompe, 11 rue de Saint-Jean d’Angély, change légèrement d’horaires pour s’adapter aux disponibilités des bénévoles.

Nouveaux horaires :

  • lundi 18h-20h
  • mercredi 18h-20h

Et toujours, nous vous donnons rendez-vous le mardi de 14h à 17h pour participer à la vie de l’atelier : démontage de vélos, tri des pièces, réparation de vélos pour la prochaine grande vente, derniers potins…

À noter également que les Repair Cafés de la Maison des Peuples et de la Paix ont pour le moment lieu au Bricolab, allée du Champ Brun dans le quartier de Ma Campagne :

  • le 2ème samedi du mois de 14h à 16h

À très bientôt!

Contre l’inaction climatique, la réforme des retraites, l’injustice et la précarité : tout·e·s en grève !

À Angoulême, rendez-vous

  • le jeudi 5 décembre à 10h devant la gare
  • le mardi 10 décembre à 11h devant le lycée de Sillac
  • le jeudi 12 décembre à 14h devant la gare

Appel de soutien à la grève

Nos résistances sont multiples et porteuses des mêmes valeurs.

La recherche d’une croissance infinie au profit de quelques-un·e·s, l’exploitation des travailleur·euse·s et des ressources naturelles, font système. C’est celui du néolibéralisme au profit de quelques privilégié·e·s. Les conséquences sont connues, précarité, dérèglements climatiques, ubérisation, casse des services publics et des acquis sociaux !

Face à ce désastre annoncé, la justice, l’égalité et l’urgence à agir, doivent être au cœur de nos mobilisations.

Ce sont des conditions indispensables pour une transformation profonde de notre société, basée sur un autre rapport au travail, une utilisation juste et durable des ressources, et la satisfaction des besoins essentiels pour tou·t·es plutôt qu’une course à la croissance et à la surconsommation.

Depuis plusieurs mois, dans les marches pour le climat, les marches féministes, contre l’islamophobie, sur les ronds-points, parmi les salarié·e·s du public et du privé, les mobilisations pour plus de justice s’amplifient. Nos résistances sont multiples, et porteuses des mêmes valeurs.

Face au maintien de mesures austéritaires et à l’absence de politiques climatiques ambitieuses, la prise de conscience populaire s’élargit et fait grossir les contestations. Comme seule réponse, nos dirigeants, de Santiago à Paris, ont recours à une répression tout azimut et toujours plus violente.

Contre l’inaction climatique, la réforme des retraites, l’injustice et la précarité : tout·e·s en grève !

Aujourd’hui le gouvernement d’Emmanuel Macron s’en prend aux retraites. Après les mesures fiscales pour les plus riches, la casse des droits des chômeur·euse·s, l’accélération du démantèlement des services publics et de la fonction publique, la majorité en place poursuit son programme de soumission aux dictats de la finance.

Sous couvert d’universalité, c’est la baisse généralisée des pensions qui se profile, l’allongement à 64 ans du départ à la retraite sans décote, la non-prise en compte des différentiels de salaires entre femmes et hommes. Ce projet de réforme est contraire à tout ce que nous défendons : la solidarité entre générations, la coopération, le partage des richesses, le refus du chacun pour soi.

Défendre nos retraites, ce n’est pas défendre des privilégiés, c’est préserver des acquis sociaux qui permettent de faire société ensemble et d’offrir un minimum de protection pour celles et ceux qui sont malmené·e·s par un système économique de plus en plus violent pour la majorité, et qui n’opère qu’au profit d’une minorité.

C’est pourquoi, nous, associations et collectifs en lutte pour le climat et la justice sociale, nous joignons notre colère à celle des salarié·e·s et des syndicalistes. Nous appelons à faire du 5 décembre une grande journée de mobilisation. Pour montrer collectivement notre force et faire tomber cette nouvelle réforme injuste. Pour bâtir ensemble un autre avenir social, écologiste, anticolonial et féministe !

Les signataires :
350.org
ActionAid France
Afica Jyambere
Alternatiba/ANV COP21
Association Traits-Portraits
Attac France
BLOOM
Caen en Lutte pour l’Environnement
Calao
CEPAZE
Collectif des Associations Citoyennes
Compagnie Les Gens de Passage
CRID
Csp75M/CISPM
DIAGONAL France
Ecoles tiers mondes 46
Fondation Danielle Mitterrand – France Libertés
France Amérique Latine (FAL)
Fridays For Future Grenoble
Ingénieurs sans frontières
Les Amis de la Terre
Mouvement de la Paix
Notre Affaire à Tous
On Est Pret
Peuples Solidaires Jura
Réseau Foi & Justice Afrique Europe antenne France
Ritimo
Salariés pour le futur – Workers for Future France
Sciences citoyennes
TPSF
Union syndicale Solidaires
Unis pour le Climat
Youth For Climate Laval
Youth For Climate Lorient
Youth For Climate Lyon
Youth For Climate Paris
Youth For Climate Toulouse
ZEA

Semaine européenne de la réduction des déchets

Coup de projecteur sur les ateliers vélo de Nouvelle-Aquitaine!

En France, chaque année, 1,5 millions de vélos sont détruits alors que 75% sont encore réparables. C’est un gâchis énorme de matières premières et d’énergie. C’est aussi un peu un patrimoine industriel qui disparaît, un temps où les cadres, en acier, pouvaient durer des dizaines d’années ; où chaque pièce pouvait être démontée et remplacée…

Du 16 au 24 novembre, la Semaine européenne de la réduction des déchets est l’occasion de mettre en valeur les actions des ateliers vélo pour promouvoir la réparation et le réemploi.

La loi anti-gaspillage, un nouvel espoir pour des millions de vélos

Afin de lutter contre le gaspillage des ressources et la quantité de déchets générés par la production et la consommation de biens, le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire actuellement en débat au Parlement est porteur d’espoir pour les acteurs de la filière du réemploi et de la réparation de vélos :

  • l’obligation de réemploi, de réutilisation ou de recyclage des invendus pour tous les produits neufs
  • un indice de réparabilité pour allonger la durée de vie des objets
  • la création d’une filière REP1 articles de sports, dont le vélo occupe une place prépondérante, avec l’application du principe de pollueur-payeur
  • la création d’un fond pour le réemploi solidaire afin de financer les associations de réemploi solidaire, donc les ateliers vélo

La SERD, du 16 au 24 novembre

Profitez de la Semaine européenne de la réduction des déchets, du 16 au 24 novembre, pour collecter et donner une seconde vie à ces vélos : les ateliers vélo participatifs et solidaires vous ouvrent leurs portes ! Au niveau national, ce sont plus de 250 lieux où l’on peut donner, retaper, trouver un vélo pour lui donner une seconde jeunesse.

Toutes les actions sont à retrouver sur le site de l’Ademe : http://serd.ademe.fr.

En Nouvelle-Aquitaine, une action coordonnée des ateliers vélo

En Nouvelle-Aquitaine, les ateliers vélos se développent également : présents dans tous les départements de la région à l’exception du Lot-et-Garonne, ils ont chacuns leurs particularités et s’adaptent à leur territoire. A l’occasion de la SERD, cinq ateliers néo-aquitains se sont regroupés pour répondre à un appel à projet de la région Nouvelle-Aquitaine. Celui-ci a permis de financer une communication commune à retrouver dans les 25 ateliers de la région, ainsi que du matériel : l’union fait la force !

Retrouvez les activités des ateliers vélo participatifs et solidaires de Nouvelle-Aquitaine dans le programme ci-dessous :

En Charente, la Cyclofficine d’Angoulême propose plusieurs animations dans ses locaux, 11 rue de Saint-Jean d’Angély à Saint-Yrieix :

  • mardi 19 novembre, création de vélos rigolos de 18h à 21h : à partir de vélos hors d’usage, on crée des objets bizarroïdes, des vélos bizarres, utiles ou inutiles
  • mercredi 20, atelier participatif de réparation de vélos de 17h à 20h : venez réparer votre vélo grâce aux outils, aux pièces d’occasion et aux conseils des bénévoles
  • jeudi 21, nuit du démontage à partir de 19h : on démonte un maximum de vélos hors d’usage pour récupérer les pièces détachées encore utilisables et recycler celles qui ne le sont pas
  • dimanche 24, grande vente de vélos de 14h à 17h : vente de vélos issus de dons, réparés par les bénévoles, de toutes tailles, pour tous les usages

Depuis 2013, la Cyclofficine a accueilli plus de 650 adhérents venus réparer leur vélo, et a récupéré plus de 900 vélos auprès de particuliers, d’associations ou de déchèteries.

1Responsabilité Élargie du Producteur

Cyclistes, brillez!

Les jours raccourcissent, pensez à être visible quand vous circulez à vélo : voir et être vu·e, c’est vital!

En partenariat avec Vélocité de l’Angoumois et la Sécurité Routière, la Cyclofficine organise une semaine spécial éclairage :

  • mardi 5 novembre : sensibilisation à l’éclairage à vélo (comptage des cyclistes de nuit, vérification du système d’éclairage…), en centre-ville d’Angoulême à partir de 18h
  • vendredi 8 novembre à la Grande Pompe de 17h à 20h : atelier de réparation spécial éclairage : dynamos, ampoules et piles rechargeables n’auront plus de secret pour nous!

Nous avons également différents systèmes d’éclairage à vous montrer : dynamo sur pneu, dynamo dans le moyeu, à recharge USB, à piles, magnétiques… il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses 🙂